Savoir-faire
Méthodes
« Le premier acte quand on veut connaître une
démocratie, c’est l’enquête »
Bruno Latour
Dans son histoire longue, l’anthropologie propose une observation et une réflexion portées sur l’humain, à la fois dans ce qu’il a de plus universel et de plus singulier, en s’intéressant à la pluralité des cultures. Connaissance de l’ailleurs, mais aussi plus largement, ethnographier l’ « autre », cet autre « si loin, si proche ».
La question du regard : l’anthropologie compose avec plusieurs types de regards complémentaires, qui lui donnent une place toute particulière dans le paysage des sciences humaines et sociales : un regard à la fois « immersif », grâce à la pratique du terrain et de l’ « observation participante », et « éloigné » (Claude Lévi-Strauss), en favorisant le décentrement ; un regard « compréhensif » (se mettre à la place de) tout en étant « itératif » et « réflexif ».
L’anthropologie contemporaine fait également la part belle à une approche interstitielle : le regard de l’anthropologue porte son attention sur ce qui n’est habituellement pas regardé, ou bien s’efforce de le regarder autrement, en faisant un pas de côté, car elle considère que c’est précisément cette attention qui est la clé d’une compréhension plus fine (Tim Ingold).
L’anthropologie se caractérise par une méthode à la fois :
… immersive : l’un des piliers principaux de l’anthropologie est l’importance qu’elle accorde au « moment ethnographique », cette phase d’enquête de terrain, où le chercheur est autant que possible en immersion sur son terrain, avant de pouvoir s’en distancier intellectuellement. Elle fait pour cela appel à l’observation participante, à la description dense (Geertz), aux entretiens (semi-qualitatifs de préférence, ou en focus group, collectifs ou informels), aux récits de vie, au reportage photo, filmé, etc.
… relationnelle : l’anthropologie repose sur la qualité de la relation qu’elle parvient à tisser avec les personnes impliquées dans l’enquête : personnes rencontrées sur le terrain, professionnels, officiels, autres scientifiques. Pour développer cette relation, elle peut aussi avoir recours aux ateliers (participation, intelligence collective, design), aux récits de vie, à la cartographie sensible, aux balades urbaines, etc. autant d’outils qui viennent compléter les fondements de ce qui fait l’enquête de terrain.
… agile, qui vient accompagner son goût des « interstices » : elle cherche à aller là où on ne l’attend pas, pour déconstruire le regard et découvrir ce qui demeure invisible et silencieux le plus souvent. Sa méthode inductive ne l’enferme dans aucune hypothèse de départ : c’est le terrain qui fait émerger les analyses les plus pertinentes, souvent inattendues.
… sensible, en accordant une écoute toute particulière aux émotions et aux perceptions sensorielles, qui sont autant de modes d’approches du réel. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous affectionnons le travail avec les artistes.
… in-disciplinée : puisque pour elle, les concepts sont avant tout des matières à penser, des tentatives de synthèse, et non des catégories figées comme autant de carcans auxquels il faudrait se conformer. Par ailleurs, elle coopère volontiers avec les autres disciplines et professions, toujours dans un esprit d’ « anthropologie symétrique » (Bruno Latour), c’est-à-dire sur un pied d’égalité avec les sciences dites techniques notamment. Pour cela, elle opère un travail inédit de « traduction », qui permet d’ériger des passerelles entre domaines de compétences et langages afférents.
À tous ces outils méthodologiques viennent s’ajouter la recherche documentaire (littérature spécialisée, documents techniques, archives), et la veille scientifique (dresser un état de l’art, être à la pointe des analyses et innovations sur un sujet précis).
Enfin, l’une des spécificités de Theïa Lab est de privilégier le travail en synergie avec les artistes, quels que soient leurs modes d’expression : théâtre et théâtre-forum, cinéma, photographie, écriture, enregistrements et créations sonores ou musicales, plasticiens, etc. En effet, nous considérons les pratiques artistiques comme des modes alternatifs d’appréhension du réel, qui viennent entrer en dialogue avec le travail de l’anthropologue et des autres professionnels de terrain.
Chaque nouvelle mission est l’occasion de recomposer une partition sur-mesure, qui se dessine en fonction du contexte, du commanditaire, du projet lui-même et de ses caractéristiques propres.
Nos thématiques
Habiter le monde en commun
Ecologie humaine – Architecture et territoires – Co-habiter avec l’Autre
Individuation et citoyenneté
Construction de soi – Autonomie – Capacité à agir – Discernement et esprit critique – Participation citoyenne – Initiatives solidaires et écologiques
Le souci de l’autre et le soin
Vulnérabilités – Solidarité – Résilience – Soin – Empathie et Sollicitude – Rencontres intergénérationnelles – Ecologie et respect du vivant
L’éducation par l’attention
Education non-formelle – Éducation populaire – Éducation par/à l’écoute et l’empathie
création artistique et droits culturels
Créations collectives – Expressions artistiques – Droits culturels – Rencontres interculturelles